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SPHÈRE
ARMILLAIRE EN BRONZE DORÉ
DÉPOQUE LOUIS XIV
La présente sphère est lun
des seuls exemplaires français subsistant de lépoque
de Louis XIV. l est singulier quaussi peu de sphères
armillaires issues des ateliers parisiens de la seconde moitié
du XVIIe siècle aient survécu, tandis quà
la même période, Paris simpose comme lun
des centres principaux dans le domaine de lastronomie et
des autres sciences. Si des cercles scientifiques privés
existaient auparavant, lémulation engendrée
par la création de lAcadémie des Sciences
en 1666, par Louis XIVet Colbert, suivie lannée
daprès par celle de lObservatoire, attire à
Paris de grands scientifiques européens, comme Öle
Rømer, Christian Huygens ou Jean-Dominique Cassini ( 1625-1712 ),
le futur directeur de lObservatoire.
Lun des rares exemplaires connus
est la sphère armillaire mécanique réalisée
par Jérôme Martinot ( 1671-1725 ), horloger du roi,
avec la collaboration du fabricant dinstruments Thomas Haye
conservée aujourdhui à la Bibliothèque
nationale de France. Elle est similaire mais plus petite que celle
présentée au roIen 1701. De nombreuses sphères
armillaires sont ostensiblement représentées dans
liconographie de lépoque, et sont souvent associées
à limage du « Roi protecteur des sciences » .
Cest le cas dans la gravure représentant Louis XIV
rendant visite à lAcadémie, où lon
distingue une sphère au premier plan ( fig. 1 ).
Une fabrication dinstruments scientifiques
réglementée est apparue pour la première
fois en 1656 dans les statuts de la communauté des maîtres
fondeurs parisiens qui en reçurent le privilège.
Après cela, ils obtinrent le droit de porter le titre d«
Ingénieurs et fabricateurs dinstruments de mathématiques,
de globes et sphères » . Plus tard, dautres
communautés de métier ont pu inclure la fabrication
dinstruments scientifiques dans leur statuts. Cest
le cas de celle des « fourbisseurs » , qui reçut
la permission de réaliser des instruments de fer, et de
celle des « arquebusiers » doù seront
issus de célèbres fabricants, tels Gosselin, Tanguy
et Lagny, fournisseurs de lAcadémie des Sciences.
La présente sphère fut conçue
comme un luxueux objet dart. Elle peut être datée
stylistiquement grâce à la forte ressemblance des
trois pieds en console avec ceux du planétaire dOle
Rømer et dIsaac Thuret, réalisé en
1684 pour le roi Christian V du Danemark, et conservé aujourdhui
au Château de Rosenborg à Copenhague. Son emploi
abondant dornements en bronze doré est très
proche du style des ébénistes contemporains comme
André-Charles Boulle. Il sagit probablement dune
commande particulière issue de la collaboration entre un
bronzier et un constructeur dinstruments scientifiques.
Il existe un contraste certain entre la beauté de la construction,
la qualité des gravures et des graduations, dune
part et les fautes dorthographe et les anomalies astronomiques
dautre part.
Il serait hasardeux de tenter une quelconque
attribution. Cependant, elle fut probablement réalisée
par lun des meilleurs fabricants de lépoque,
comme Nicolas Bion ( 1652-1733 ), Pierre Sevin ( actif vers 1665-1683
), Michael Butterfield ( vers 1635-1724 ) ou Philippe Claude Lebas
( mort en 1677 ).
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