SPHÈRE ARMILLAIRE ROMAINE
ATTRIBUÉE À ADAM HEROLDT, VERS 1650

Cette sphère armillaire peut être attribuée à Adam Heroldt, en comparaison avec deux sphères similaires signées, dont l’une, datée de 1648, se trouve au Science Museum de Londres et l’autre, datée de 1649, au Museo Astronomico de Rome. Le pied du présent exemplaire, avec son balustre caractéristique en forme de poire renversée, est identique à celui de l’instrument conservé à Londres. Un détail inhabituel est également commun aux deux instruments: la sphère principale n’est pas composée de bandes rivetées mais est constituée de deux hémisphères découpés, réunis au niveau de l’écliptique entre les échelles du calendrier et du zodiaque.

Né en Allemagne vers 1580, Heroldt s’établit à Rome en 1622. Si on en juge par un cadran solaire de forme ovale, conservé dans une collection privée française, signé ADAM HEROLDT 1615, il semble avoir été un fabricant d’instruments expérimenté bien avant son départ pour l’Italie. À Rome, il invente et construit un quadrant, dédié au pape Grégoire XV. Un an plus tard, Maffeo Barberini succède à Grégoire XV sous le nom d’Urbain VIII. Il est probable qu’Heroldt soit resté sous la protection du pape lorsqu’il réalise ses sphères armillaires de 1648 et 1649, ainsi que la présente sphère.

Les sphères armillaires d’Heroldt sont caracté-ristiques de la production romaine. Leur style s’appa-rente à celui d’autres sphères réalisées durant le premier quart du XVIIe siècle par des fabricants tels que Joannes Paolo Ferreri. Il existe de même d’évidentes simi-litudes entre les instruments d’Heroldt et ceux construits dans les ateliers de Jacopo et Domenico Lusuerg ( cat. nº A9 ), qui travaillèrent à Rome durant la seconde moitié du siècle. Il est possible que Jacopo Lusuerg ait travaillé dans l’atelier d’Heroldt.