|
SPHÈRE
ARMILLAIRE ROMAINE
ATTRIBUÉE À DOMENICO LUSUERG
VERS 1690-1710
Bien que non signée, cette élégante
sphère armillaire, est clairement luvre de
Domenico Lusuerg. Ce dernier dirige le plus important atelier
italien dinstruments scientifiques de la seconde moitié
du XVIIe siècle avec son oncle, Jacopo Lusuerg. Leur travail
se caractérise par la grande précision de la graduation
et la superbe calligraphie gravée. La grande variété
dinstruments réalisés dans leur atelier comprend
des outils de dessin, tels des compas et des règles, mais
aussi des boussoles, des cadrans solaires, des hausses dartillerie
et des sphères armillaires. Ils transforment des instruments
utilitaires en de luxueux objets destinés à de riches
mécènes de laristocratie.
Jacopo Lusuerg est né à Modène
en 1636. Cest dans sa ville natale quil réalise
ses premiers instruments, en particulier pour le duc de Modène,
à qui il en dédie plusieurs. Sa première
uvre datée est une sphère armillaire de 1669,
aujourdhui au Liceo Ginnasio à Alatri. Il sétablit
à Rome sans doute vers 1677. Installant son atelier près
du Collegio Romano, il y entretient des liens étroits avec
les Jésuites, donnant des leçons de sciences expérimentales
deux jeudis par mois, en collaboration avec le directeur du musée
de Physique, Paolo Volpicelli. Jusquà sa mort en
1689, il continue à fabriquer des instruments, puis son
neveu, Domenico Lusuerg, qui collaborait probablement avec lui
depuis longtemps, reprend latelier cette même année.
Plusieurs nécessaires dinstruments comprennent des
pièces signées de Jacopo et de Domenico. Ce dernier
écrit également la préface dun livre
publié en 1698, concernant une boussole réalisée
par son oncle daprès Galilée. En 1704, il
créé pour lOsservatorio Marsiliano, lun
des quadrants muraux les plus précis dEurope, dun
diamètre de 151 cm, aujourdhui conservé au
Museo della Specola de Bologne. Il est destiné à
lobservation des étoiles. Sa dernière pièce
connue est une sphère armillaire dédiée au
pape Benoît XIV, datée de 1744.
Si le style des lettres et des chiffres
de Jacopo est très proche de celui de Domenico, lécriture
légèrement plus anguleuse, ainsi que les lettres,
plus grandes, de la présente sphère, indiquent la
main de ce dernier. LIstituto e Museo di Storia della Scienza
de Florence conserve une sphère armillaire non signée,
probablement plus tardive, que lon peut également
attribuer à Domenico Lusuerg. La composition générale
de la présente sphère sinscrit dans la tradition
italienne qui trouve ses origines un siècle auparavant,
avec des fabricants tels Carolus Plattus et Cornelius Vinckx.
Une particularité de cette sphère
réside dans le long manche traversant le piètement.
Une telle construction permet également de tenir la sphère
à la main, facilitant ainsi la démonstration.
|