Forte du succès de ses précédentes expositions, telle que les « Joyaux Renaissance » en 2000 (11 000 visiteurs), la Galerie J. Kugel présentait lors de cette exposition plus de cinquante globes et sphères réalisés dans des matériaux précieux : argent, cristal de roche, ivoire ou bronze doré. Les œuvres exposées étaient dans leur grande majorité offertes pour la première fois au regard du public, et toutes à vendre. 14 000 personnes ont visité cette exposition.

De l'époque romaine au début du XIXe siècle, l'exposition était surtout centrée sur les XVIe et XVIIe siècles. Chacune de ces pièces représentait, pour son époque, la réalisation la plus élaborée dans la compréhension et la démonstration de l'univers. De nos jours, on ne saurait leur trouver d'autre équivalent que le plus puissant des ordinateurs. Au carrefour du luxe et de la science, ces objets précieux, réalisés pour des princes ou des mécènes, furent conçus par les plus grands mathématiciens, horlogers et fabricants d'instruments scientifiques de France, d'Italie, d'Allemagne ou de Flandres.

Dans la représentation de l'univers selon l'astronome grec Claude Ptolémée au IIIe siècle après J.-C., la Terre, en son centre, est entourée de neuf sphères cristallines représentant le soleil, la Lune, les planètes et, pour la plus éloignée, les étoiles. Cette conception n’est pas remise en question jusqu'à l'hypothèse héliocentrique de Nicolas Copernic, au XVIe siècle. Ptolémée explique également comment réaliser un globe céleste et une représentation de l'univers, au moyen d'anneaux concentriques mobiles (des « armilles ») s'articulant autour d'un globe central : autrement dit, des sphères armillaires. Les progrès de l'horlogerie, au début de la Renaissance, permettront ensuite de les animer à l'aide d'un mouvement mécanique. Parallèlement, les grandes découvertes seront à l'origine des premiers globes terrestres.